Au sommaire d'Anim'magazine n°113/114
Dossier :
DES MEDIAS A APPRENDRE
Comprendre comment fonctionnent les médias, pourquoi et comment ils sont fabriqués, est devenu plus que jamais une nécessité dans un monde o? l'information circule, à flot continu, au gré des priorités fixées par ceux qui la diffusent, modelant, de fait, notre façon de penser. Pour beaucoup de jeunes, les médias sont le premier lieu d'apprentissage, avant m'me l'école. Nous vous présentons des extraits de 2 des 11 articles qui composent ce dossier.
" L' éducation aux médias est un outil d'apprentissage de la démocratie "
Entretien avec Jacques Gonnet, directeur du Clemi (Centre de liaison de l'enseignement et des moyens d'information).
Extrait (p. 20)
"Les hommes se sont toujours interrogés sur le pouvoir des médias, sur la façon dont ils fabriquent l'opinion. Dans ce débat, les pédagogues se sont séparés en deux écoles différentes : certains pensent que les médias doivent se contenter d'être utilisés dans les cours comme support éducatif. D'autres, à la suite des pédagogues de l'Education Nouvelle comme Célestin Freinet en France, vont beaucoup plus loin en affirmant que les médias peuvent transformer notre rapport au savoir. En partant du principe que l'enfant n'est pas un adulte en miniature, ces pédagogues affirment que la transmission des savoirs, grâce aux médias, permet de sortir du strict cadre d'une relation verticale maître/élève. Autrement dit, l'utilisation des médias favorise l'apprentissage. Non seulement la production de médias (un journal scolaire par exemple) pousse l'enfant à adopter une posture journalistique, à se poser des questions nouvelles sur le monde ; mais nous savons tous que les médias eux-m'mes sont une source inépuisable d'informations. Qu'on allume son poste de télévision, qu'on ouvre la radio ou qu'on lise son journal, nous appréhendons le monde par les médias. Mais ces m'mes médias peuvent aussi 'tre dangereux si on ne sait pas les mettre à distance.
A mon sens, l'éducation aux médias permet d'investir la démocratie en s'interrogeant sur la façon dont on a accès aux informations, donc dont on comprend le monde. Si le Clemi, dont j'ai la charge, a une mission centrée sur les informations et l'actualité, l'éducation aux médias porte une interrogation plus globale. Cette réflexion s'inscrit dans une mission de service public, qui doit être relayée par l'Education nationale, mais aussi par les familles et par les associations. Toute la société doit 'tre concernée. Or, souvent, l'éducation aux médias est investie de telle manière qu'on en oublie de définir les termes du débat. D'où la nécessité de veiller à revenir à des questions simples : de quoi parle-t-on lorsqu'il est question de la télévision par exemple ? Des documentaires ou des séries télévisées ? Cela vaut la peine d'y réfléchir pour garder de la distance par rapport à des discussions parfois très virulentes - notamment sur l'impact des images de télévision. "
Education critique
Comment aider les jeunes à se retrouver dans l'Internet, qui a accru considérablement la masse d'informations disponibles ?
Extrait (p. 26)
(…) Plus inquiétant, la fiabilité des informations est rarement remise en question. "Sur Internet, les jeunes ne se posent pas la question de l'émetteur, explique Evelyne Bevort, directrice déléguée du Clemi et responsable du programme Educaunet. Quand ils vont sur leur site préféré, ils ne se demandent pas qui a fait ce site et dans quel but. Ils ne sont pas en position de choisir". Ce qui montre l'importance d'une "médiation adulte entre les jeunes et Internet pour rendre possible une exploitation réelle des richesses du réseau. Dès lors, comment développer l'esprit critique des jeunes face à ce nouveau média auquel tous n'ont pas la chance d'avoir accès. La "fracture numérique" entre les jeunes est justement le premier risque pointé par le dispositif européen Educaunet, "programme d'éducation critique aux risques liés à l'usage d'Internet". Destiné aux enseignants, aux familles et aux associations, il est à l'origine d'une série d'outils éducatifs et ludiques (des jeux de cartes ou de plateau, des exercices d'analyse de sites, etc.) pour les jeunes de 8 à 18 ans pour les aider à comprendre comment fonctionne Internet, à appréhender les notions d'anonymat et de mystification, à mettre en ligne des textes ou des bannières publicitaires, à identifier les sources, etc. "Une de nos priorités consiste à faire prendre conscience aux jeunes qu'Internet ne fonctionne pas sur le m'me mode que le minitel ou le téléphone, précise Isabelle Breda qui a participé à l'élaboration de ce premier coffret éducatif et qui travaille actuellement avec Evelyne Bevort à son élargissement européen pour mai 2004. Nous voulons montrer qu'Internet ne se limite pas à une prestation de services".
A condition d'en connaître les codes, Internet est un média formidable pour élargir sa vision du monde et partager ses expériences. C'est aussi un outil motivant : "Créer un site, figurer sur Internet, se savoir lus, c'est très valorisant, reconnaît Chantal Lorteau, professeure de technologie au collège Mendès France de La Rochelle, qui réalise chaque année depuis quatre ans un cyberfax avec des élèves de 4e. Et les enfants ont l'impression d'exister, d'être reconnus". Aussi, plutït que de renforcer la protection des jeunes par le biais de filtres ou de listes noires en créant une illusion de contrôle, Educaunet a pris le parti de l'éducation afin de rendre les jeunes autonomes et responsables, vigilants et critiques.
(1) Les jeunes et Internet. Représentations, usages et appropriations, mai 2001.
Animation
La route est longue
La lutte contre l'insécurité routière (première cause de mortalité chez les moins de 20 ans) est une des trois priorités nationales de Jacques Chirac. Le Cidj (Centre d'information et de documentation Jeunesse) lui a consacré une journée nationale. Reportage à Gagny (93). (p.6)
Association
" Des attaques à relier au contexte de libéralisation de l'économie "
Que faut-il penser des récentes attaques contre le secteur associatif ? Faut-il y voir une action concertée ? Un entretien avec Julien Adda, Délégué général de la Conférence permanente des coordinations associatives (Cpca). (p. 16)
Enquête :
LA REVOLUTION DE LA VAE
Il est désormais possible d'obtenir un diplïme gr‚ce à l'expérience, professionnelle ou non, acquise dans sa vie. Dans cette validation des acquis de l'expérience, les organismes de formation ont une carte à jouer. Et le secteur de l'animation tout à y gagner.
extrait (p. 12)
La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 a créé un nouveau droit pour chaque individu : valider les acquis de son expérience en vue d'une certification. Le dispositif est à la fois plus souple et plus ouvert que la loi du 20 juillet 1992 sur la Validation des acquis professionnels (Vap) (1) qui a ouvert la première la voie au principe de la validation des acquis, autrement dit à la reconnaissance officielle de l'expérience professionnelle et de la formation continue. Auparavant, la délivrance d'un titre ou d'un diplôme était sanctionnée par un examen. Depuis 1992, l'obtention d'une partie d'un diplôme pouvait résulter d'une validation de l'expérience acquise dans un cadre professionnel pendant au moins cinq ans. La Vae va plus loin : non seulement elle est étendue à tous les diplômes, titres ou certificats délivrés par l'Etat, les branches professionnelles ou les organismes privés (à condition qu'ils soient enregistrés dans le Répertoire national des qualifications professionnelles en cours d'élaboration jusqu'au premier trimestre 2004). Mais elle permet désormais à tous de faire reconnaître des compétences professionnelles, salariées ou non, de trois années minimum (ou un nombre d'heures équivalent, variable suivant les diplômes) en vue de valider tout ou partie d'un diplïme ou d'être dispensé des diplïmes requis pour poursuivre un parcours de formation, sans que l'employeur puisse s'y opposer. Autrement dit, une expérience non professionnelle (bénévole ou syndicale par exemple) de trois années peut suffire pour obtenir la totalité d'un diplôme.
Mais quel est l'intérêt d'une telle révolution ? Du point de vue des personnes, il est multiple. En effet, à travail égal et quelles que soient leurs compétences, les salariés moins diplômés sont en général moins payés que les autres. En outre, en favorisant l'employabilité, un diplôme permet de se prémunir contre le chïmage et facilite évolutions et reconversions professionnelles. Par ailleurs, la Vae permet une alternative aux cursus de formation traditionnels : ainsi, si un jury décide de valider la totalité d'un diplïme à l'exception d'un module d'anglais, le candidat aura cinq ans pour se présenter à nouveau devant le jury avec les compétences requises. Côté entreprises, la Vae n'est pas sans intérêt non plus : elle permet de mobiliser ses salariés tout en garantissant la qualité de la production. Par ailleurs, la carotte financière n'est pas négligeable. En effet, la Vae, dont les frais peuvent être imputés au titre du plan de formation des entreprises, diminue son coût en réduisant les parcours de formation au strict nécessaire. "Les modules acquis par ce biais sont autant de modules en moins à payer dans le cadre de notre plan de formation, confirme Sophie Villemin, responsable du service d'aide à domicile de l'Abrapa (Association Bas-Rhinoise d'aide aux personnes âgées), qui a proposé à cinquante de ses salariées de passer par le biais de la Vae pour obtenir le Diplôme d'Etat d'auxiliaire de vie sociale (Deavs). Dans le m'me temps, la Vae offre aux candidates la possibilité de réinterroger leur parcours professionnels en valorisant leur expérience. En terme de gestion des ressources humaines, ce n'est pas négligeable ! ".
A votre service
Petit lexique juridique
La réglementation des centres de vacances et de loisirs a été profondément modifiée au printemps. L'Ufcv publie une version commentée de cette Réglementation, qui comporte un certain nombre de textes de lois, décrets, circulaires, instructionsÖ Autant de termes qu'il nous a paru opportun, pour une meilleure compréhension, de préciser.(p.48)
Outil de l'animateur
" Petits jeux cons "
Quelques pistes pour comprendre la mécanique qui régit ce type de "jeux"…et mieux s'en prémunir en centres de vacances et de loisirs.(p.50)
Index
Index des principaux articles parus dans Anim'magazine depuis juillet 1997.(p.53)