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Anim'Magazine novembre/décembre 2003



Au sommaire d'Anim'magazine novembre-décembre 2003

Dossier

La longue marche de la régionalisation

La régionalisation reste un axe décisif pour les années à venir. Mais, si le mouvement de fond vers plus de démocratie participative est désormais reconnu (notamment de la loi Voynet sur les " pays "), l'empilement des dispositifs législatifs et l'intrication de logiques différentes - administrative, d'aménagement du territoire et de " pays " - ne facilitent pas la compréhension des enjeux, ni l'action efficace. Comment concevoir un développement qui tienne davantage compte des spécificités locales, comment construire une France plus proche des préoccupations des citoyens, dans laquelle ils pourraient s'impliquer davantage ? Pour faire avancer ces valeurs-là, les associations sont en première ligne.



"La décentralisation nécessite encore une évolution des mentalités ". Entretien avec Michel Rocard, ancien ministre.

Extrait (p. 22)



"La France souffre d'un excès de centralisation, fruit de l'histoire de notre pays, dont tout le monde a pris conscience aujourd'hui. A l'origine, le Royaume de France s'est en effet étendu en conquérant des territoires qui parlaient d'autres langues, la langue d'Oc au Sud, le breton en Bretagne, l'allemand en Alsace, le flamand dans le Nord... Ce qui n'est pas le cas des autres nations européennes, qui sont dès le départ des communautés linguistiques. Cet état de fait nous a laissé un extrême souci du pouvoir central. Alors que, partout ailleurs dans le monde, la souveraineté vient du bas, en France, elle procède du roi qui commande par l'intermédiaire de ses intendants - dont les préfets sont les héritiers actuels. Cette organisation centralisée a un prix : la lenteur des fonctionnements. Faire passer toutes les décisions - m'me celles relatives aux investissements locaux - par Paris est non seulement long mais aussi contre-productif. De fait, quand les décisions sont prises trop loin, les critères qui guident le choix risquent d'être mauvais.

Il a fallu attendre que Jean-François Gravier publie en 1947 un livre coup de poing intitulé Paris et le désert français expliquant comment la croissance de Paris s'était faite aux dépens du reste du territoire pour que commence à se poser la question de la décentralisation. Cette analyse, nous n'avons de cesse de la digérer depuis cinquante ans. Aussi, lorsque j'ai proposé en 1966 une note, sous le titre Décoloniser la province, qui visait à apporter un remède à cette centralisation excessive, tout le monde m'a volé dans les plumes, à droite comme à gauche. A l'époque, m'me s'il montait déjà des revendications d'autonomie de Bretagne, d'Alsace, du Pays Occitan, de Corse ou du Pays Basque, Paris avait jusque là toujours répondu non. Ma prise de position était la première émanant d'un fonctionnaire de l'administration centrale, sans racine régionale, qui plus est inspecteur des finances, autrement dit ayant pour fonction de faire marcher le tout. Or, je mettais en lumière le fait que rien ne marchait plus. Par exemple, nous payions nos travaux publics trop chers en raison du temps passé entre le moment où une ville voulait construire un équipement public et où Paris acceptait de la subventionner. Autre exemple : les normes de construction d'Hlm étaient les m'mes à Lille et à Perpignan, alors m'me que le climat est complètement différent. Idem pour les nominations d'enseignants : à l'époque, j'avais calculé que les mouvements d'affectation des enseignants à chaque rentrée scolaire représentaient 32 tonnes de papier ! La décentralisation répond à un besoin de souplesse, de flexibilité et de meilleur fonctionnement.



Agent de développement : un métier ! mais lequel ? (p. 36)

L'essor de la logique de territoire a permis l'essor de nouveaux métiers, entre animation, médiation, technique et politique. Quelques pistes …


Qu'est-ce qu'un agent de développement ? "On ne sait pas", affirme Nathalie Lacroix, chargée de mission à l'Unadel, qui anime une plate-forme sur les métiers du développement territorial. Provocation ? Non, simplement le reflet de la multiplicité des logiques et des situations professionnelles concernées par le développement local. Quoi de commun en effet entre le secrétaire général d'une communauté de communes, un animateur local mis à disposition d'une municipalité par une association, un architecte aménageur dans une démarche de développement social urbain et une assistante sociale chargée d'un Contrat temps libre ? Quoi de commun encore entre une structure ancrant son action dans une logique de développement participatif et une autre lancée dans le développement pour bénéficier de financements ?
"De fait, compte tenu des mille et une façons d'exercer le métier d'agent de développement, nous avons choisi de tenir compte de la manière dont la personne se définit elle-m'me", convient Nathalie Lacroix. Ce qui permet à tous ceux qui estiment s'inscrire dans une démarche de projet impliquant les habitants d'un territoire de participer à la réflexion sur ce qui fait le coeur de la pratique d'un agent de développement. Car, pour ce métier nouveau, dont la dynamique suit le développement des politiques territoriales, tout est encore à inventer. Pour l'heure, aucun référentiel existant ne fixe de cadre permettant aux différents acteurs de s'y retrouver. Quelles sont les compétences requises ? Les agents de développement partagent-ils des valeurs communes ? A quels salaires peuvent-ils prétendre ? Sous quels statuts ?
Face à toutes ces questions et étant donnée la diversité des structures employeurs (communes, collectivités territoriales, communautés de communes, syndicats mixtes, associations…), la réponse de la plate-forme des métiers du développement territorial a consisté à revendiquer l'ouverture. Alors qu'elle ne comprend pour l'heure que des professionnels, des formateurs, des associations et des structures institutionnelles (comme la Datar) elle entend s'ouvrir bientït aux employeurs pour aborder ensemble les mécanismes de recrutement, la gestion des carrières et, bien sûr, la question des statuts.

Quel coeur de métier ?

Ce dernier point n'est pas sans poser problème. En effet, étant donnée l'absence de filière adéquate au sein de la Fonction Publique Territoriale, nombre de collectivités embauchent des contractuels. Quant aux autres, ils intègrent des filières qui ne reflètent pas leurs activités. En outre, les syndicats mixtes comme les Parcs naturels régionaux sont autorisés à recruter à la fois des fonctionnaires et des non fonctionnaires, ce qui peut s'avérer un véritable casse-tête. Restent tous les contrats de droit privé rattachés à diverses conventions collectives (tourisme ou animation socioculturelle par exemple). "C'est une jungle, affirme Valérie Dumontet, agent de développement du pays Corbières Minervois. Mais peut-on vraiment administrer le développement territorial ? Une des vocations de la démarche de pays consiste justement à inventer ses propres solutions localement, sans s'enfermer dans des carcans". Tout l'enjeu consiste donc à trouver un équilibre entre une certaine reconnaissance statutaire et le nécessaire bouillonnement professionnel qui fait la richesse du métier d'agent de développement.
Au delà de la question du statut, l'objectif principal de la plate-forme consiste à définir un cúur de métier commun, dont les prémices ont été élaborées à l'occasion des Etats généraux des métiers du développement territorial le 7 mars 2003. "On s'est rendu compte que chaque mot faisait débat", raconte Nathalie Lacroix. Il s'agit en effet de s'entendre sur des concepts fondamentaux, comme l'animation ou la conduite de projet. "Sachant que le développement se construit en référence à la question de la gouvernance démocratique et qu'il tente de mettre l'homme au cúur de son projet, les professionnels du développement territorial doivent avoir les compétences pour situer leur action dans cette démarche", rappelle Valérie Dumontet.
Or la formation initiale ne suffit pas toujours à apporter les qualités requises, ce qui rend nécessaire la participation des agents à des réseaux d'échanges sur leurs pratiques. Et urgente une réflexion sur leurs formations, qui a d'ailleurs été entamée par Etd (Entreprises, territoires et développement) au sein de la Plate-forme des métiers du développement territorial qui publie un guide des formations - pour l'instant essentiellement limitées au Dess - sur son site. "Il s'agit à terme de faire le lien avec le monde professionnel gr‚ce à la mention des compétences acquises à l'issue de la formation", note Cécile Cler-Renaud, chargée de mission à Etd. Ce qui permettra aux employeurs, et notamment aux élus, de mieux se repérer lors de leur démarche de recrutement. Et d'éviter qu'ils ne fassent appel à ce type de métiers "sans très bien savoir à quoi ils renvoient", souligne Cécile Chabrol, chargée de mission à l'Unadel. C'est pourquoi le rïle de la plate-forme est fondamentale puisqu'il s'agit, à terme, de trouver un accord entre les salariés et les employeurs qui soit un cadre de référence commun. Préalable, pourquoi pas, à l'élaboration d'une convention collective ou d'une filière spécifique de la Fonction publique territoriale.



Enquête

Aménagement des rythmes scolaires où en est-on ?

La France détient le record de l'année scolaire la moins longue et, paradoxalement, du nombre d'heures à l'école le plus important. L'aménagement des rythmes scolaires devrait s'imposer mais il est à la croisée d'intérêts divergents.


extrait (p. 12)

Comment harmoniser temps scolaires, périscolaires et familiaux ? La question, régulièrement posée, n'a pas fini de faire débat tant les intér'ts en jeu sont nombreux et souvent contradictoires. Aux temps économiques et sociaux, pendant longtemps seuls critères valables pour organiser les temps de vie des enfants, a bientït succédé une prise en compte de l'intérêt de l'enfant sur les plans physiologique et psychologique. Mais favoriser le développement équilibré de chaque enfant en privilégiant les activités culturelles, artistiques et sportives hors temps scolaires n'est pas toujours compatible avec le temps de l'apprentissage tel que l'envisagent les enseignants, ni avec le temps familial des parents. Du coup, l'ambition respectable de la participation des enfants et des jeunes à la vie de la cité grâce à une intégration dans des activités périscolaires multiples n'est pas sans poser problème. Sans compter que, localement, la volonté politique n'est pas toujours au rendez-vous. Réaménager les rythmes scolaires implique en effet le développement de structures d'accueil adaptées avec un personnel compétent - notamment dans le champ de l'animation.

Depuis 1998, les contrats éducatifs locaux (Cel) vont justement dans le sens d'une plus grande coopération entre les partenaires, en intégrant les contrats précédents (voir encadré) dans une logique de projet éducatif respectant l'aménagement des rythmes scolaires. Exemple : après avoir signé un Cate (Contrat d'aménagement du temps de l'enfant), constitué une commission mixte de réflexion (parents et enseignants) sur les rythmes scolaires, et aménagé la semaine et la journée de travail, l'école Jean Macé a été intégrée dans le Cel de Grenoble lors de sa signature en juin 99. Géographiquement isolée et éloignée de tout centre culturel ou sportif, l'école a souhaité permettre aux élèves de pratiquer, dès 1990, des activités sur place en s'ouvrant sur l'extérieur. Aujourd'hui, tous les élèves bénéficient d'un choix d'activités variées et gratuites gr‚ce à un partenariat noué avec la Mjc Parmentier qui gère les animations de début (13h35-14h35) ou de fin (16h30-17h15) d'après-midi. "Nous avons réussi à créer un véritable partenariat avec les forces vives d'un secteur", se félicite Jean-Paul Flahaut, le directeur de l'école, pour qui le Pel (Projet éducatif local) de son établissement fait aujourd'hui partie d'un projet éducatif global où se mêle activités périscolaires, apprentissages et ouverture sur le monde.


Les champions de l'école

Les rythmes scolaires n'ont pratiquement pas changé en France depuis les lois de 1882 fixant la semaine de cinq jours pleins et de 1939 créant deux mois et demi de vacances d'été pour les moissons et les vendanges. Aujourd'hui, les Français détiennent le record de l'année scolaire la moins longue et, paradoxalement, du nombre d'heures à l'école le plus important. Autant dire que les journées sont bien remplies ! (voir encadré). Or, de nombreuses études l'ont montré : l'activité intellectuelle ou physique devrait 'tre concentrée entre 9h et 11h et entre 16h et 18h, la tranche 11h-15h étant plutït adaptée au repos ou à des activités plus souples. Par ailleurs, la durée de l'attention (vingt minutes par heure environ) et la fatigue liée à une discontinuité des rythmes dans la semaine prouvent la pertinenced'une organisation hebdomadaire plus homogène. Et, alors que les inconvénients de la semaine de quatre jours sont depuis longtemps établis, nombreux sont les parents qui la plébiscitent pour jouir de week-ends complets. "Même s'ils sont à destination des enfants, les dispositifs mis en place dans le champ périscolaire partent très souvent du besoin des parents", rappelle Raphaël Mady, agent de développement à l'Ufcv-Haute-Normandie.
Pour preuve, les petites communes - notamment périurbaines - ne commencent à s'intéresser à la question que lorsqu'elles y sont acculées par des parents désireux d'infrastructures leur permettant de partir travailler tït le matin et de rentrer tard le soir. Et ils ne sont pas les seuls à tirer dans cette direction : les professionnels du tourisme ne sont pas pr'ts d'accepter la limitation des périodes de vacances. Aujourd'hui, c'est donc la semaine de quatre jours qui l'emporte de beaucoup sur les autres formes d'aménagements des rythmes scolaires. De fait, on est loin d'un emploi du temps idéale : une année scolaire plus étendue, des vacances d'été réduites (cinq à six semaines), des trimestres et semestres équilibrés avec des vacances intermédiaires différenciées (sept ou vingt et un jours), une semaine de six jours et… de multiples activités périscolaires !





Animation
Ils apprennent à goûter

Chaque année, Angoulême accueille les Gastronomades, un festival consacré à la gastronomie. L'occasion pour Jacques Puisais, directeur de l'Institut du Goût, d'animer des ateliers pour enfants. (p.6)



Handicap

"Les personnes handicapées sont dans le monde, pourquoi pas sur scène ?"


Philippe Adrien, directeur du théâtre de la Tempête, à la Cartoucherie de Vincennes, vient de mettre en scène à Reims, avec des personnes valides et non-valides, Le Malade Imaginaire de Molière. Il explique comment il a abordé cette aventure. (p. 8)

A votre service

Les associations et la loi Informatique et libertés

Toute association qui informatise sa gestion, qu'il s'agisse des

adhésions, des cotisations, des dons, ou de la gestion de son personnel, enregistre sur support informatique des informations nominatives. Ces données sont protégées par la loi n∞78-17 dite " informatique et libertés " du 6 janvier 1978 qui réglemente la constitution et l'utilisation des fichiers informatiques. (p.50)



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Education non violente


Première étape d'une série de trois fiches techniques consacrées à l'éducation non-violente, voici quelques clés pour aider l'enfant à résoudre les conflits autrement que par la violence. (p.52)

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