Anim'magazine mai-juin 2005
Dossier
A LA DECOUVERTE DU SOLEIL
En ce mois de mai, prémisse à l'été, Anim'magazine part à la découverte d'une étoile dont la durée de vie prévisible est encore de 5 milliards d'années..., sans laquelle rien ne serait possible sur terre, et qui, pour cette raison sans doute, a fait l'objet dans nombre de civilisations d'un culte particulier. Plus prosaïquement aujourd'hui le soleil est un bien de consommation : sans lui, pas de vacances, ou presque. Mais attention à ses brûlures. C'est pourquoi dans l'animation, on apprend à s'en servir, mais aussi à s'en méfier, et à en protéger les enfants.
Ami/ennemi des animateurs (pp. 32,33)
Sensibilisés par les nombreuses campagnes de prévention, les animateurs sont aujourd'hui tout à fait conscients des dangers du soleil et savent qu'ils ont pleinement un rïle à jouer pour protéger les enfants. " J'en parle systématiquement à mon équipe avant un séjour, témoigne Lionel Touron, formateur Bafa à l'Ufcv. Tous les animateurs doivent s?impliquer. l'assistante sanitaire joue un rôle aussi ".
Crème, casquette ou foulard, lunettes de soleil et t-shirt font partie du trousseau indispensable. Pour les plus jeunes, cela ne suffit pas. " Nous devons les badigeonner de crème ", explique Joël Bougarel, qui a encadré des 7-10 ans à Mimizan. Et pour mieux impliquer les enfants, Lionel Touron a trouvé une astuce : " On fait des petits concours : le premier qui a mis de la crème gagne un bonbon à la menthe ! " La prévention passe aussi par un dialogue avec eux.
Avec les ados, expliquer les risques devient plus ardu. " La mode, c'est le bronzage à tout prix ", constate Jean-Claude Simonet, formateur Bafa à l'Ufcv, et directeur de séjours à l'étranger. Joël Bougarel, habitué des camps d'ados, déplore l'utilisation à outrance du monoï. " Les demoiselles adorent. Alors je leur dis qu'il ne faut pas en abuser sous peine de prendre des coups de soleil. J'explique aussi les risques et les conséquences d'une insolation ". Le webmaster de Planète Anim met en garde contre les coups de soleil parce que " la peau pèle. C'est carrément moche et ça fiche le bronzage en l'air ".
Car si la " bronzette " n'est pas une activité, elle est réclamée par les adolescents qui partent en vacances dans cette optique' été comme hiver ! " Certains étaient très déçus de ne pas prendre des couleurs, affirme Ghislain Gouerne, directeur du centre des Aravis (Haute-Savoie) o?ù la neige est tombée tous les jours pendant les vacances de février. Ils n'étaient pas seulement venus pour skier mais aussi pour bronzer ".
Quand la demande de temps consacrés à la " bronzette " se fait plus insistante, Joël Bougarel n'hésite pas à " feinter " : " On leur propose une activité qui leur plaît aussi beaucoup et qui correspond à leur centre d'intér't, comme le shopping par exemple ". Bronzer à la plage est néanmoins envisageable mais seulement à certains horaires et pas trop longtemps. " On évite de s'exposer entre 12h et 16h. Après, on ne reste pas plus d'une heure ", raconte Joël.
Lorsque le soleil tape fort, l'animateur privilégie souvent les jeux à l'intérieur ou à l'ombre, voire les siestes. Jean-Claude Simonet, parti en Floride et au Vietnam avec des adolescents montrait l'exemple : " Au début, ils avaient du mal se coucher entre 12h et 15h et puis après, c'est devenu une habitude. " Grand frère, modèle pour les jeunes, l'animateur doit 'tre le premier à se protéger pour mieux faire passer le message. Joël Bougarel porte tous les étés un chapeau de cow-boy : " ça incite les enfants à mettre un couvre-chef et ça sert de repère sur la plage ! ".
Faire boire s'avère aussi essentiel. Surtout chez les plus petits : " Ils ne se rendent pas compte qu'ils ont soif, explique le webmaster de Planète Anim, il ne faut donc pas hésiter à leur proposer des " pauses boisson " régulièrement. Des bouteilles d'eau posées bien en évidence et des verres en plastique où chaque enfant a écrit son nom sont une bonne idée ".
L'allié de l'animateur
Sensibilisés aux dangers du soleil, les animateurs n'oublient pas qu'il peut se révéler par ailleurs leur meilleur ami. Pour de nombreuses activités d'abord, il apparaît comme indispensable et il faut faire preuve d'imagination s'il n'est pas au rendez-vous. Laurent, animateur en Irlande raconte sur le forum de Planète Anim? : " Dans les équipes, on montait souvent plusieurs projets à l'avance, histoire de ne pas être pris au dépourvu. On expliquait aussi aux enfants que certaines activités pouvaient être changées en fonction de la météo, pour qu'ils ne râlent pas quand on annulait une activité. "
Lorsqu'il pleut, JoÎl Bougarel utilise les jeux de société ou la bibliothèque. " Mais la baignade, aussi, est possible ". Pour le webmaster de Planète Anim, en effet, " la pluie n'empêche pas de faire presque tout ce qui se fait dehors d'habitude ". Chasse au trésor (" attention à prévoir des indices qui résistent à l'eau "), sports, rallyes, balades, " il suffit de prévoir les habits nécessaires ". Même discours de Jean-Claude Simonet, habitué, il est vrai, aux pluies tropicales : " l'eau est chaude, donc on peut rester dessous, d'autant que le soleil nous sèche ensuite. On a déjà fait du vélo sous la pluie ". " l'important, c'est qu'il n'y ait pas de moment où les enfants pourraient attraper froid pendant ou après l'activité ", ajoute le webmaster.
Lionel Touron ne cache pas sa préférence pour les belles journées ensoleillées. " C'est sûr que pour les grands jeux il est préférable d'avoir du beau temps ". Tous les sports, nautiques ou non, les randonnées ou les simples balades se déroulent bien mieux quand la météo est clémente. Le soleil peut même se révéler un formidable support pour organiser des activités ou m'me pour le réveil des enfants. Un animateur raconte : " Tu découpes plusieurs ronds dans un carton et sur chacun, tu dessines d'un cïté un soleil et de l'autre une lune. Tu les accroches à une ficelle et tu les disposes sur les murs du couloir. Tu expliques aux enfants que quand il y a la lune c'est qu'il faut encore dormir. A partir du moment où le soleil est visible, ils peuvent se lever et aller déjeuner. "
Bon pour le moral et la santé
La lumière, la chaleur, l'énergie du soleil s'avèrent des outils précieux pour l'animateur. Les scouts n'hésitent d'ailleurs pas à l'utiliser pour s'orienter ou faire du feu à l'aide d'une loupe ou un morceau de verre. Lionel Touron s'appuie beaucoup sur l'étoile dans le cadre de ses animations : " On a réalisé des cadrans solaires, on a aussi fait un jeu de plateau intitulé Sungate où les enfants devaient s'entraider afin que le soleil ne meure pas. Derrière ce jeu, il y avait en plus un message écologique ".
Les effets du soleil sur la nature peuvent aussi être expliqués lors d'une activité : " Nous allons partir en juillet à l'île d'Oléron, où se trouvent beaucoup de marais salants, raconte François Thébault, directeur du centre. Il est prévu de montrer l'action du soleil sur ces marais. Plus il y en a, plus la récolte de sel est abondante. " De nombreux jardins sont également cultivés. Objectif : démontrer le phénomène de photosynthèse.
Souhaitable dans le cadre de leurs activités et utilisable par les animateurs, le soleil est un vrai atout. Marie-Dominique Gomel, animatrice en maison de retraite, l'a bien compris : " Dès qu'il fait beau, j'incite les résidents à sortir. On peut faire des activités qui sortent de l'ordinaire. " Jeux de boules, croquet, ramassage de la lavande sont les passe-temps proposés en même temps que les ateliers traditionnels d'intérieur. " Mais rien que le fait d''tre dehors, ça met une autre ambiance. Il y a plus d'espace donc les résidents sont plus nombreux. " Le soleil permet de casser les habitudes.
" Il est aussi bon pour le moral et pour la santé ", fait remarquer Marie-Dominique Gomel qui sait que les rayons du soleil sont bénéfiques pour les os. Elle met en garde cependant, " Il faut protéger les personnes ‚gées avec des chapeaux, des parasols, de la crème. On doit les faire boire très régulièrement aussi. On coupe souvent l'eau avec des jus de fruits pour qu'elles boivent plus facilement ".
Comme les personnes ‚gées, les handicapés réclament une plus grande attention des animateurs, dès lors qu'ils sont au soleil. " Certaines personnes ne ressentiront pas la sensation de brûlure ", rappelle Pascal Valon, chargé de mission nationale Vacances adaptées à l'Ufcv. Les trisomiques ont une peau particulièrement blanche donc très fragile. De plus, " certains médicaments prescrits peuvent 'tre incompatibles avec le soleil. " Pour autant, les rayons de l'astre sont très positifs. " Beaucoup de personnes handicapées vivent enfermées, dans les établissements. Un bon bol d'air leur est toujours utile ".
Dans ce dossier de 22 pages, à lire également, plusieurs interviews, dont celles de :
- Hubert Reeves, astrophysicien, qui nous dit l'importance du soleil dans l'univers et dans la vie des hommes,
- David Le Breton, sociologue, qui explique pourquoi le soleil et le bronzage sont devenus essentiels pour l'image de soi aujourd'hui?
Ainsi que des reportages, et des fiches techniques pour utiliser le soleil dans des animations avec des enfants.
Enquête
PROTECTION DE l'ENFANCE : ENTRE TERRITORIALISATION ET OBLIGATIONS NATIONALES
Avec des budgets et des politiques qui varient sensiblement d'un département à l'autre, les Conseils généraux s'adaptent aux réalités de chaque territoire. Mais une certaine harmonisation paraît nécessaire. Extrait (p. 12)
Il avait tout juste 8 ans. Samir est mort en novembre dernier, battu par son oncle. Malgré un premier signalement aux services sociaux de St Etienne pour maltraitance, sa trace avait été perdue en raison de son déménagement dans le Tarn-et-Garonne. Davantage de coordination entre les Conseils généraux aurait peut-être pu le sauver. Le fonctionnement, très indépendant, des services sociaux de chaque département avait été pointé du doigt. En même temps sortait le rapport de la défenseure des enfants Claire Brisset, accablant pour la décentralisation. Principaux griefs : un contrôle de l'action des Conseils généraux défaillant et des différences départementales importantes, sources d'inégalités.
Pour Carole Gilmas-Adel, chargée de mission au pïle enfance, famille, jeunesse à l'Union nationale interfédérale des oeuvres et des organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss), " les inégalités territoriales sont bien effectives, tant en termes de moyens que d'objectifs ". S'agissant des budgets globaux consacrés à la protection de l'enfance, de grandes disparités selon les départements apparaissent effectivement. Alors que les Vosges dépensent chaque année 25 millions d'euros, les Yvelines ou l'Isère investissent 4 fois plus. " Il faut manipuler les chiffres avec précaution, tempère Roselyne Bécue, directrice de l'Aide sociale à l'enfance (Ase) dans le Gard, qui a investi 52 millions d'euros en 2004. Les départements ne prennent pas en compte les m'mes éléments dans leurs budgets. Nous, par exemple, avons inclus les salaires des familles d'accueil dans l'Ase jusqu'à cette année ". Eric Bouffeteau, responsable de la mission protection de l'enfance dans le Calvados, qui travaillait l'an dernier dans la Manche confirme qu'il est difficile de comparer les départements entre eux : " Il est évident que la Manche, plutôt rurale, n'a pas les m'mes besoins que le Calvados. De fait, les moyens sont proportionnels aux besoins ".
Des inégalités importantes
Pour autant, la différence des pratiques des Conseils généraux est criante. l'obligation, faite aux départements dès 1986 d'élaborer un schéma départemental de 5 ans afin de décrire les orientations de la politique sociale conduite, entre autres, par l'Etat, le Conseil général et les collectivités territoriales, n'a pas permis une uniformisation des politiques. d'autant qu'un tiers des Conseils généraux n'a pas encore de schéma et deux tiers n'ont toujours pas mis en place les groupes de coordination départementale prévus par la circulaire du 10 janvier 2001. Des normes nationales font défaut incontestablement, ce qui crée des inégalités. Quelques exemples. Les taux d'agréments, délivrés aux personnes qui souhaitent adopter un enfant " varient notablement de 66 à 98 % ", en raison simplement de critères différents. " On ne réclame pas aux postulants à l'adoption les m'mes informations selon les lieux où ils font leur demande ", confirme Christiane Sebenne, chargée des relations avec les médias à Enfance et famille d'adoption. Il arrive que certains Conseils généraux refusent de donner un agrément à des célibataires ou des couples ayant déjà des enfants. " Il y a aussi une inégalité dans le délai de rendez-vous avec un travailleur social. Dans certains départements, il faut attendre jusqu'à trois mois ! C'est lié aux moyens humains, parfois insuffisants", ajoute Christiane Sebenne. (…)
Animation
" PARENTS : RENDEZ-NOUS NOS COLOS ! "
Anim?magazine rend compte d'une étude réalisée par l'Observatoire des vacances et des loisirs sur l'image des colonies de vacances, auprès d'un échantillon représentatif de Français parents d'enfants de 11-18 ans, donc en ‚ge d'aller en centres de vacances. l'objectif était double : analyser l'image du centre auprès des parents, les attentes le concernant, et les moyens à mettre en úuvre pour l'améliorer? et inciter les parents à inscrire leurs enfants. Extrait (p. 6)
La première constatation porte sur la terminologie. Auprès des mères interrogées lors de la phase préliminaire, le mot "centre de vacances" est apparu comme ambigu, sans vrai contenu, alors que celui de "colonie de vacances" leur paraissait plus précis, avait une image plutôt sympathique, même si elle est moins moderne. Tout le questionnaire a donc été construit sur ce terme "colonie de vacances". Par ailleurs, et de manière préliminaire, 56% des personnes interrogées ont à son égard une attitude positive, 44 % n'y étant pas favorables ou hostiles. 33% sont usagers. Ces chiffres recoupent ceux recueillis lors d'une enquête Sofres il y a 20 ans.
Les centres de vacances vus par les parents
Près de 80% de gens jugent positivement ces critères symbolisant la colo : s?amuser, découvrir d'autres lieux, rencontrer des enfants d'autres milieux, découvrir des activités sportives, culturelles ou artistiques, apprendre les règles de vie en société, apprendre la solidarité, l'autonomie. Par contre l'image se dégrade (moins de 40% de jugement positif) lorsqu'on évoque la colo comme lieu permettant à l'enfant de développer son imagination, de se construire, de pratiquer de manière intensive une activité (il y a d'autres lieux pour cela, apparemment : clubs sportifs, etc.), de développer un projet pédagogique. Ce dernier mot ne "parle" visiblement pas aux parents (il est pourtant essentiel et doit 'tre adressé à tous les parents, selon la nouvelle réglementation).
L'appréciation globale est moins positive concernant l'organisation du cadre de vie (un peu plus de 60% ), et m'me plus nettement encore (autour de 40%) concernant la taille des structures et surtout celle des chambres. Il en est de m'me concernant des valeurs comme : du temps libre à partager avec des copains, un cadre qui respecte l'intimité, une organisation qui respecte les rythmes, permet des moments à soi, de choisir ce qu'on veut faire. d'évidence, la colo souffre d'un déficit d'image sur le terrain du respect du rythme de vie de la personne. l'encadrement des colos bénéficie au contraire d'un capital confiance (60% de réponses positives). Les animateurs sont dans l'ensemble très bien notés, le seul bémol concernant les animateurs stagiaires, apparemment jugés trop jeunes pour exercer cette responsabilité. (…)
Insertion
APPRENDRE A CONDUIRE POUR APPRENDRE A SE CONDUIRE
A Poitiers, une auto-école associative accueille exclusivement un public en difficulté. Reportage. Extrait (p.16)
Elle a la mine un peu sévère, mais son coeur est gros comme ça. Ses cheveux roux, méchés donnent d'ailleurs de la fantaisie à sa coupe courte et stricte. Si la voix est parfois autoritaire et le discours bien tranché, l'investissement est total. " Moi, les 35 heures, je ne sais pas ce que c'est. " affirme Claudine Briatte, la seule monitrice de l'auto-école MCL Le Local. Arrivée à Poitiers en 2001, cette femme à la petite cinquantaine se fait embaucher dans cette structure un peu particulière : " Elle est réservée à un public en grande difficulté ", explique Claudine, entre deux bouffées de cigarettes. Problèmes financiers, comportementaux, ou plus simplement d'apprentissage, c'est le point commun de ces personnes dirigées vers Le Local. Elles peuvent 'tre en recherche d'emploi ou déjà embauchées. Le permis est considéré alors comme " un outil pédagogique pour les amener ou les conforter dans une dynamique d'insertion sociale et professionnelle ", peut-on lire sur le document qui décrit le projet.
Un projet qui séduit à l'époque Claudine Briatte, fraîchement débarquée de la région parisienne o? elle a dû vendre sa propre auto-école : " J'aidais beaucoup mes élèves en y allant de ma poche, je leur fournissais les livres d'apprentissage gratuitement. Alors forcément, ça ne pouvait pas durer longtemps. " Aujourd'hui, elle prend soin de ses 45 élèves mais cela ne lui coûte plus d'argent. Beaucoup de temps en revanche. (…)
Les outils de l'animateur
COMMENT MIEUX GERER SON TEMPS
Qu'il soit dans l'animation volontaire ou professionnelle, l'animateur a des contraintes de temps à respecter. Chacun a ses " petits trucs " pour ne pas en perdre, mais il paraît utile de rappeler quelques règles générales. (p. 52)
A votre service
COMMENT ROMPRE UN CONTRAT AVEC UN PRESTATAIRE DE SERVICE
Pour les organisateurs de centres de vacances et de loisirs, s'il faut se donner les moyens de signer une convention dans de bonnes conditions, il convient aussi de prévoir les moyens d'en sortir, si nécessaire. (p.54)
Et nos rubriques habituelles : cinéma, livres, sans oublier nos Petites annonces classées.