Au sommaire d'Anim'magazine n°143-144
Dossier
PARTICIPATION : MYTHES ET REALITES
Comme le lien social, son corollaire, la participation n'a jamais autant été invoquée et mise à contribution. Mais à mesure qu'on la rendait obligatoire dans les politiques publiques, on rendait palpable son caractère éminemment ambivalent. Outre qu'elle peut avoir des acceptions bien différentes, " la " participation comme la démocratie, qui l'incarne en théorie, ne se décrète pas. Il faut créer les conditions pour qu'elle émerge, comme nous le montrons dans ce numéro. Or en France, la culture " centralisatrice et descendante ", de la décision non-participative, reste encore bien trop prégnante. Dans tous les domaines d'activité. Y compris dans l'animation. (pp. 20 à 48)
" La participation n'a d'intérêt que comme participation à la décision "
Rappelle Serge Depaquit, vice-président de l'Adels (Association pour la démocratie et l'éducation locale et sociale) (p.22)
(extrait)
" Pour qu'il y ait davantage de participation, il n'y a pas de recette miracle. Il faut changer nos modes de pensée et s'appuyer sur différents outils démocratiques. Comme les conseils de quartier par exemple qui pourraient êre bien davantage que cette " représentation bis " mise en place avec la loi sur la démocratie de proximité de 2002. Car les gens ne se préoccupent pas que du "ralentisseur" dans leur rue. Ils ont aussi un avis sur les transports qu'ils prennent tous les jours ou sur le fonctionnement de l'hïpital dont ils sont usagers. Ils peuvent se prononcer sur des questions qui ne se réduisent pas à la " proximité " et éclairer la prise de décision. De m'me, l'évaluation participative peut 'tre un instrument d'appropriation des enjeux par les citoyens, à l'inverse d'une évaluation-sanction qui les exclut du processus. Les conférences de citoyens permettent également à un panel de citoyens d'élaborer un jugement sur un sujet à partir d'experts. Elles s'insèrent dans un débat qui ne débouche pas forcément sur un consensus - Patrick Viveret parle de " dissensus fécond " au sens où l'établissement d'un accord sur les différends est déjà une étape fondamentale. Si elle n'est pas décisionnelle en soi, la conférence de citoyens peut s'insérer dans un processus décisionnel. Les budgets participatifs vont plus loin car ils permettent un vrai partage du pouvoir et obligent les gens à se confronter aux choix. Tous ces dispositifs doivent 'tre développés en amont et pas plaqués sur les citoyens. Ces derniers doivent être partie prenante de leur élaboration. Renouveler la démocratie est devenue une exigence majeure, faute de quoi nous aurons des lendemains difficiles. " (…)
Un principe pédagogique riche
La participation des enfants à l'organisation de leurs loisirs est un objectif fort en Cvl, lieu d'éducation à la citoyenneté, capable de contrecarrer la tendance à la consommation sans cesse croissante d'activités.
(extrait)
Dans le champ de l'animation comme ailleurs, la participation n'est pas sans rapport avec la démocratie. Il s'agit, pour les uns, de développer l'autonomie des enfants afin de leur donner la capacité d'agir sur leur milieu et de le transformer. Pour les autres, de former les citoyens de demain. Comme toujours dans l'animation, les déclarations de principes n'ont d'intérêt qu'au regard de leur déclinaison en pratique. D'autant que, comme le souligne Jean Houssaye dans l'entretien qu'il nous a accordé (p.45), " la démocratie n'est pas seulement un but à atteindre, une fois l'éducation faite, mais un moyen d'éducation ".
Outil largement usité, le conseil d'enfants est un classique en Cvl. Une fois par jour, les enfants sont invités à se regrouper avec les animateurs pour discuter de l'organisation du séjour et de la bonne marche de la vie du groupe. Chacun peut y exprimer ses ressentis, émettre des propositions, faire part de ses joies et de ses peines. Un bâton de paroles est parfois utilisé pour favoriser l'écoute et l'expression de chacun. Avec les plus petits, des gestes de la main peuvent servir à évaluer la journée : le soleil (main vers le haut, doigts écartés) pour une journée réussie, les nuages (poing fermé) pour une journée moyenne, la pluie (main vers le bas, doigts écartés) pour une journée ratée. La formule du répondeur téléphonique, alternative à la boîte à idées, permet également de susciter la participation des enfants qui ne savent pas encore écrire. " Il peut s'agir d'une sorte d'isoloir pour thé‚traliser la démarche ", avance Emmanuel Renault responsable du centre de loisirs de Vaulx-sur-Seine (78).
Avec les plus grands, le conseil peut prendre la forme d'un forum quotidien où sont débattus en commun le programme de la journée et l'organisation de la vie quotidienne. Certains animateurs vont plus loin en élargissant ce fonctionnement à la totalité du CVL sur le modèle de la " cité ". Le conseil devient " municipal ", des boutiques sont créées (avec des cartes postales achetées par les animateurs par exemple), une buvette est mise en place… Ce qui induit la circulation d'une monnaie fictive (par exemple des capsules de bouteille) et la désignation de responsables - tournants - chargés de la bonne marche de la cité : un président du conseil, un responsable de la buvette, etc. " Ce sont leurs vacances, observe David Dumas, formateur à l'Ufcv-Languedoc-Roussillon. Il faut donc les construire avec eux".
Parmi les 28 pages de ce dossier, à noter l'interview de Jean Houssaye, pédagogue du centre de vacances, qui milite pour que la démocratie y devienne un moyen d'éducation.
Animation
Un temps à part
Au centre hospitalier intercommunal de Créteil, l'unité de pédiatrie pour adolescents abrite une salle d'activités, gérée par un animateur et un éducateur, pour rompre avec le quotidien de l'hospitalisation. (p.6)
Handicap
Musique en signes
A l'institut Baguer, à Asnières (92), des ateliers d'éveil musical sont proposés aux enfants et adolescents sourds. (p.10)
Insertion
Etudiants pour l'emploi
Chaque année, l'AFEV (association de la fondation étudiante pour la ville) recrute des bénévoles qui aideront à l'insertion de jeunes en difficulté. (p. 18)
Enquête
Le sport intègre-t-il ?
Oui, le sport peut être un outil parmi d'autres d'intégration.A certaines conditions, que nous analysons dans les quatre pages de cette enquête.(p.14)
Les outils de l'animateur
En centre de loisirs, accueil non-stop ?
En centre de loisirs, il convient de concilier deux obligations : mieux respecter le rythme des enfants et s'adapter aux modes de vie et obligations socio-professionnelles des parents. Comment gérer cette ouverture plus large des plages horaires ? (p.52)
A votre service
Adhérent à une association : droits et obligations
Adhérer à une association n'implique pas que des droits, elle suppose également le respect d'un certain nombre d'obligation. (p.54)
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