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Anim'Magazine juillet/août 2006




Au sommaire d'Anim'magazine n°147-148

Dossier :
Vive la peur !

La peur, comme le rire -pour pasticher un adage célèbre- est le propre de l'homme. C'est l'un des " sentiments " les plus fondamentaux. Très jeune l'enfant va faire sa connaissance, apprendre, seul et avec les adultes, à vivre avec elle, pour s'en servir et grandir. Car la peur n'est pas négative - sauf, bien entendu, quand elle atteint des dimensions pathologiques-, ce qui explique le titre résolument optimiste de ce dossier. Elle est en effet utile, comme annonciatrice des dangers. Elle peut surtout est un moteur formidable à l'action, à condition de travailler sur soi. Dans les groupes, les adultes aident les jeunes à la gérer.Les centres de vacances et de loisirs sont une excellente " école " pour cet apprentissage-là, aussi.


Trente pages d'infos pratiques et de reportages.



Comme des signes de passage

Entretien avec Pascale Mignon, psychanalyste, explique comment la peur participe à la construction de la personnalité de l'enfant à travers de grandes étapes fondatrices.

> "Chez le nourrisson, qui n'a pas encore le sens de son intégrité, on ne peut pas encore parler de "peur", bien qu'il puisse connaître des moments d'angoisse provoqués par des ruptures dans son environnement. La peur apparaît quand l'enfant repère qu'un monde extérieur à lui existe et que, de cet extérieur, peut naître une menace. Il existe par lui-m'me et il peut 'tre séparé de ceux qui l'entourent, notamment de sa mère. " Le stade†du miroir ", décrit par Jacques Lacan, est une étape fondamentale dans la structuration psychique de l'enfant. C'est le temps, entre 6 et 18 mois, o? l'enfant reconnaît l'image de sa mère, celle de son environnement, et par déduction reconnaît la sienne. L'image de son corps lui apparaît unifiée dans le miroir, séparée de la personne qui est à ses cïtés. Cette étape se fait dans une certaine jubilation, mais aussi dans une forme de déconvenue. L'illusion que c'est lui qui a pouvoir sur son monde se brise, la toute puissance infantile, désormais, connaît des failles. De là naissent ses premières angoisses de séparation liées à la peur de l'abandon, à la solitude, au silence.
L'angoisse renvoie à un objet imprécis (on pourrait dire que c'est la peur de la peur), la peur, elle, s'applique à un objet bien défini (l'eau, le noir, le loup, etc.) sur lequel il est possible d'avoir une certaine maîtrise. Contrairement à l'angoisse, la peur peut donc 'tre régulée. Ainsi, quand un petit enfant a peur du loup, il est possible d'inventer une histoire où le loup est chassé, tué ou encore d'éviter de le rencontrer… De la m'me façon, lorsqu'il a peur du noir, il est possible d'allumer la lumière, laisser une veilleuse la nuit... L'enfant a besoin d''tre épaulé par l'adulte afin de l'aider à trouver en lui ses propres ressources et aménager ses peurs. La parole qu'on lui adresse est un secours important car elle aide à la prise de distance et à l'appropriation des mots sur lesquels l'enfant peut prendre appui. Le recours à un "objet transitionnel", un objet qu'il s'est approprié qui est à la fois lui et pas lui, à la fois sa mère et pas sa mère, est aussi un grand soutien. Il fait lien entre l'intérieur et l'extérieur, il l'aide à construire la séparation et à dépasser ses peurs.

Des peurs qui font grandir

Entre trois et cinq ans, durant la période oedipienne, l'enfant repère la différence sexuelle, s'intéresse à ce qui se passe du côté de ses parents, ce qui génère chez lui une forte culpabilité. Il craint d''tre puni par son père pour sa curiosité. Il s'agit de l'angoisse de castration. La castration est perçue comme une sanction possible au désir incestueux, elle amène à une intériorisation de l'interdit. La résolution de l'oedipe, en effet, pousse l'enfant à aller voir ailleurs, à partir, à quitter la maison. Or, si l'extérieur est trop angoissant, l'enfant ne part pas, il reste dépendant du noyau familial. Le danger vient autant de l'extérieur, qui est inconnu, que de l'intérieur où il court le risque de rester toujours dépendant et sous le pouvoir notamment de sa mère. Des angoisses archaïques peuvent surgir, qui se cristallisent surtout sur la peur du loup, animal dévorateur par excellence.
Les peurs sont le signe de passages et de prises de conscience successives. Il y a des peurs qui font grandir si l'enfant trouve en lui les moyens d'y faire face. Elles permettent de se construire et d'aller vers l'inconnu. A l'inverse, certaines peurs peuvent emp'cher l'enfant d'avancer dans la vie. Cela peut devenir problématique lorsque l'angoisse envahit l'enfant et prend toute la place. Son énergie est alors monopolisée, il n'arrive plus à investir le reste de la vie, ce qui peut se traduire par de l'hyperactivité (souvent liée à une angoisse de la mort), des troubles du sommeil, des difficultés scolaires, etc. Dans ces cas-là, il peut être bon de consulter un psy.
Les enfants peuvent néanmoins résoudre de nombreuses peurs par le biais des jeux et d'activités artistiques et de création. A condition, néanmoins, que les encadrants ne se risquent pas à l'interprétation. Nul besoin de juger un enfant qui montre de l'agressivité en jouant. Le conte est également un moyen d'apprivoiser les peurs. Certains parents se plaignent que leur enfant fasse des cauchemars, après la lecture d'un conte. Or ce n'est peut-'tre pas à cause du conte que l'enfant a peur, mais il y a sans doute quelque chose dans le conte dont l'enfant s'est saisi et qui le travaille la nuit, dans ce temps où tout se mêle. Il faut permettre à l'enfant de parler, de dessiner ou de jouer ce qui le tracasse. Pour éviter que ce tracas ne finisse par le "fracasser", comme disait un petit garçon en consultation, il doit pouvoir retraduire, s'approprier, élaborer ce qui lui fait peur. Peut-être éprouvera-t-il alors les délices des frissons!

"Le conte est toujours une mise en scène d'émotions et de figures qui personnifient les peurs. A ce titre, il constitue un itinéraire pour les apprivoiser. D'abord, la personne qui raconte l'histoire est souvent une personne de confiance, la mère par exemple. L'enfant est alors protégé par sa voix et son corps. Ce qui fournit un cadre physique et psychique rassurant. En outre, le conte est bordé par un rituel qui débute par "Il était une fois…" et se termine par la fermeture du livre. Le conte ouvre ainsi une autre scène dans laquelle peut se développer un imaginaire dont la peur n'est pas absente mais que la répétition permet d'anticiper. Par ce mécanisme, l'enfant s'autorise à avoir peur parce qu'il sait d'avance que l'histoire se termine bien. Malgré la peur, la structure du conte merveilleux montre que l'espoir est toujours possible. Les figures angoissantes finissent par être domestiquées. En général, le héros de l'histoire a beau être petit, fragile, pauvre, etc., il s'en sort grandi parce qu'il est doté de qualités comme la ruse ou la malice. C'est le cas chez le Petit Poucet mais aussi pour le chat botté, les trois petits cochons, le petit tailleur, Peau d'‚ne, Cendrillon, etc. Même dans certaine version du Petit chaperon rouge, notamment les versions modernes de conteurs comme Bruno de La Salle, le chaperon vainc de loup grâce à ses propres ressources.

Une promesse psychique

Dans les Trois petits cochons, le loup symbolise l'adulte qui fait peur, que ce soit la mère, le père, l'institutrice, etc. Chaque cochon correspond à un âge et à un stade du développement de l'enfant. Le premier est dans l'ici et maintenant, le deuxième réussit à différer un peu ses désirs, le dernier diffère pleinement, au point qu'il est plus malin que le loup. A chaque fois, il y a un avant et un après, sur le mode du récit initiatique. A la fin de l'histoire, le héros a grandi, on peut et il peut se faire confiance. La promesse psychique est importante.

C'est pourquoi laisser un enfant en plan au milieu d'un conte face à l'ogre est loin d''tre une bonne idée, le dépassement de la peur n'ayant pas eu le temps de s'opérer. Je me souviens d'une fillette de quatre ans à qui je racontais une histoire d'ogre. Au moment o? il faisait son apparition dans le livre (avec une double page illustrée très impressionnante), elle a refermé le livre sur ma main†: "†Tu termineras le livre quand j'aurai cinq ans†", a-t-elle dit. Pourtant, le lendemain, elle est arrivée vers moi et m'a glissé†: "†Raconte-moi la fin, je n'ai pas bien dormi†". N'ayant pas fini l'histoire, l'étape de la confrontation, puis celle de la résolution du conflit, n'avaient pas eu lieu. La peur n'avait pas pu 'tre "†désamorcée†". L'enfant en était restée à l'angoisse de dévoration, à des émotions qui la dépassaient, pour lesquelles elle était trop petite pour faire face. Il manquait le déroulement du récit pour l'aider à trouver sa place, à résoudre ses conflits intérieurs†".

(Régine Grosos, formatrice au Grape (Groupe de recherche et d'action pour l'enfance et l'adolescence) et spécialiste des contes)



En Cvl, le rïle des animateurs>

Pour les enfants, partir en Cvl peut générer des peurs, petites ou grandes, ponctuelles, réactives ou diffuses. Les identifier, c'est déjà, pour les animateurs, commencer d'y répondre.  Afin de les transformer positivement et aider les enfants à grandir.
C'est un classique du Cvl: l'angoisse de la séparation. Qui ne l'a pas vécue directement, enfant†apeuré de quitter ses parents pour la première fois ? Ou, une fois adulte, dans les yeux d'un enfant gagné par la crainte soudaine d'être abandonné par ses parents? Normal, notamment chez les petits, ce sentiment se résorbe en général après quelques jours. Dans la plupart des cas, quelques propos rassurants suffisent en général. A l'animateur de montrer que le lien avec les parents n'est pas rompu†en précisant qu'il est toujours possible d'écrire, voire de téléphoner à ses parents. Mais la peur de la séparation peut aussi prendre une dimension pathologique lorsque les relations avec les parents sont difficiles. En cas de troubles persistants, il peut donc être souhaitable, de contacter les parents pour avoir quelques éléments d'informations supplémentaires.
En outre, se séparer des parents est d'autant moins anxiogène que l'enfant ne part pas tout à fait dans l'inconnu: peut-être connaît-il un autre enfant du groupe, voire un animateur? Peut-être a-t-il rencontré l'équipe lors d'une réunion préalable? Ou bien a-t-il visité les lieux du séjour?... L'angoisse sera également moindre si les parents eux-m'mes sont confiants. Dans le cas contraire, en effet, il n'est pas rare que leur inquiétude se transmette assez largement à l'enfant. Ce qui peut laisser craindre diverses manifestations psychosomatiques, dont le fameux "pipi au lit".
Bien entendu, la séparation ne focalise pas toutes les peurs en Cvl. L'environnement en suscite quantité d'autres, notamment en cas de bivouac. Lorsqu'un gros orage surprend le groupe sous la tente, par exemple. Bien sûr, il existe quelques trucs "†psychologiques†" qui peuvent aider à faire bonne figure - comme la pomme de terre plantée sur le pic en fer des tentes canadiennes. Reste que la confrontation aux éléments est plus problématique en pleine nature qu'à l'abri dans les maisons. M'me l'équipe d'animation n'est pas toujours épargnée: "je me souviens de coups de tonnerre qui ont fait crier toute l'équipe", raconte Etienne Père, délégué national "formation et pédagogie" chez les Scouts et Guides de France. Aux animateurs de vérifier auprès des enfants que tout va bien, si besoin de retendre la partie imperméable des tentes, de rassurer les plus effrayés…

Peur du noir

En pleine nuit, l'obscurité ajoute une dimension supplémentaire à l'effroi. Dans le noir, les bruits de la nature deviennent méconnaissables et effrayants, la moindre lueur laisse présager des dangers. Il est toujours possible d'organiser l'implantation des tentes de telle sorte qu'elles ne soient pas trop éloignées les unes des autres. Reste qu'une envie pressante en pleine nuit peut conduire à une aventure terrifiante ou, par manque de courage, à un échec cuisant. Pour apprivoiser cet univers un peu inquiétant, les scouts organisent des "veillées de feu" pendant lesquelles les préados se relayent toute la nuit pour l'entretenir. Un moment solitaire qui invite à l'introspection et au défi des éléments.
Mal préparé, un grand jeu nocturne peut rapidement tourner à la débandade. Comme dans ce séjour au bord de l'Océan, où les enfants et les animateurs, entourés du bruit envahissant des vagues, étaient très excités à l'idée de vivre une aventure armés de lampe de poche. La nuit tombant, le jeu de piste, commencé dans la bonne humeur, s'est peu à peu transformé en "attrape-peurs". Le clignotement des lumières des lampes se transformait en b'tes sauvages, le roulement des vagues en fantïmes. Bientït les cris et les pleurs ont remplacé les rires, les enfants voulaient rentrer chez eux, ils avaient la "trouille". "Nous avons fini par mettre fin au jeu", se souvient Michel Berthod, formateur Bafd et directeur de Cvl, à l'époque directeur adjoint. Un regret : aucune sensibilisation à la nuit n'avait été effectuée auprès des enfants en amont†de cette virée nocturne. "Il faut bien préparer ce type de jeu, découvrir ensemble l'environnement, délimiter la zone, repérer les différents éléments pour permettre aux enfants de conserver un sentiment de sécurité, note Michel Berthod aujourd'hui. Sinon c'est anti-pédagogique". Au centre de loisirs de Vigny (62), en partenariat avec la bibliothèque locale, l'équipe d'animation a créé un théâtre d'ombres chinoises en reproduisant les personnages en carton issus d'albums illustrés traitant de la "peur du noir". Les rideaux tirés - "mais pas trop", précise Valérie Lesage, la directrice -, les petits ont pu appréhender l'obscurité en découvrant l'histoire de ces héros qui dépassent leur peur.

Prendre la peur au sérieux

Enfin, il y a toutes les peurs liées au fonctionnement du Cvl : de la gestion de l'intimité à la prise de responsabilité. Vivre en collectivité suppose de partager un minimum d'espaces vitaux. Certains enfants vont vivre comme une menace la proximité de l'autre et du groupe. Une inquiétude qui peut se manifester par la peur que les autres enfants ne respectent pas leurs affaires - notamment quand les parents ont acheté, pour l'occasion, un opinel ou une lampe de poche tout neufs. Et qui n'a jamais observé un enfant développer des stratégies étranges de crainte de manger un plat détesté?
L'attractivité de l'autonomie, largement valorisée en Cvl, est à la hauteur des craintes qu'elle inspire. Chez les scouts, elle se concentre dans la pratique de l'"exploît", soit une randonnée de deux jours sans adulte pour les préados. Très investie, parfois considérée comme une "épreuve de vérité ", elle concentre de nombreuses inquiétudes, observables par les petits maux qui, à la veille du départ, prennent des proportions inquiétantes†: mal de ventre, ampoule qui emp'che de marcher, etc. "Il faut pouvoir décoder", souligne Etienne Père. La prise de responsabilités au sein du groupe peut également susciter des appréhensions. Il peut s'agir de s'adresser à l'ensemble du groupe pour expliquer un jeu, de préparer le repas, etc. Autant de "missions" qui peuvent apparaître comme des situations stressantes. Aux animateurs de savoir les désamorcer en évitant de placer l'enfant devant une demande trop difficile pour lui et en l'accompagnant dans cette étape. En outre, pour réduire l'anxiété, la connaissance et la cohésion du groupe sont indispensables. Il est en effet bien plus facile de s'affirmer quand on a confiance dans les autres membres du groupe que lorsqu'on a le sentiment d'en être rejeté. Dans ce dernier cas, la peur de ne pas réussir, la peur de perdre, d'être mal-aimé, etc., peut entraîner des réactions en chaîne†: repli sur soi, hyperactivité, voire agressivité et violence.

"Il faut respecter les phobies des enfants, explique le psychanalyste Jean-Jacques Poncelet. Et en aucun cas, les transformer en humiliation". A éviter, donc, les "C'est pas la petite bête qui mange la grosse". Que la peur soit banale ou atypique, elle est une réalité pour l'enfant. Pas question, donc, pour l'adulte, de la nier. "Celui qui a peur a forcément de bonnes raisons d'avoir peur. Sinon il n'aurait pas peur, explique Brigitte Labbé et Michel Puech (1). On peut essayer de comprendre, d'en parler, mais on ne pourra jamais commander les émotions des autres". Même si la source de la peur est imaginaire (un monstre par exemple), l'adulte doit la prendre au sérieux et adopter une attitude bienveillante et protectrice. Quitte à rentrer dans l'imaginaire de l'enfant, en organisant une "chasse aux monstres" par exemple. Par ailleurs, la présence d'un objet de confiance - un "doudou" pour les plus petits, voire un sac, un porte-monnaie, un porte-clés, un "gri-gri" pour les plus grands - peut aider à surmonter bien des situations.

Diluer la peur

Le Cvl n'étant pas une "bulle", il y a toutes les angoisses "importées" - de chez soi, induites par des images vues à la télévision, liées à des difficultés scolaires, etc. Ainsi, lors d'un "mini-débat" organisé par le centre de loisirs de Vigny, est apparue une forte anxiété des enfants au sujet des accidents de la route. Après enquête, l'équipe d'animation a appris que la maman d'un des enfants était hospitalisée à la suite d'un accident de la route. Pour libérer la parole et atténuer les craintes, les pompiers ont été invités à effectuer une manúuvre de désincarcération d'une voiture devant les enfants. L'opération a été suivie par l'écriture d'un livret qui a été remis aux pompiers. "†Les langues se sont déliées et la peur s'est diluée", constate la directrice. Certaines peurs sont plus surprenantes. A l'instar de la peur de grossir repérée chez certaines fillettes de dix ans qui a conduit le même centre de loisirs à faire intervenir une diététicienne au sujet de l'équilibre alimentaire.
Mais le Cvl n'est pas que le lieu des peurs inhibitrices et dommageables. A maintes occasions, les enfants ont la possibilité d'y vivre des peurs stimulantes, "celles qui s'inscrivent dans un projet de réussite" comme le souligne Michel Berthod. Ce peut être le trac qui précède une entrée sur une scène lors d'un atelier théâtre, et qui va rendre l'enfant plus performant quand le rideau s'ouvre. La peur se transforme alors en énergie et en intensité d'action. L'enfant acquiert le sentiment d'être reconnu. Mais attention, un échec peut annihiler tout le travail préalable. C'est pourquoi il faut avancer avec prudence, soutien et psychologie. <



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