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Anim'Magazine novembre/décembre 2006

Au sommaire d'Anim'magazine ° 151/152



Dossier

18-30 ANS : ET LES VACANCES, CA VA ?

Dans un rapport déjà un peu ancien (2001) mais dont les conclusions restent tout à fait actuelles, le Conseil économique et social le constatait : les jeunes adultes partent moins en vacances que les autres tranches d'‚ge de la société. Et ils partent différemment, comme le montre une étude d'Odit-France, à paraître très prochainement. Comment expliquer cette "anomalie" ? Une première explication vient naturellement à l'esprit : la scandaleuse précarité dans laquelle se trouve cet âge, liée à une insertion sociale et professionnelle toujours plus retardée. Mais s'ils partent moins en vacances, c'est aussi -et là le constat est moins négatif- parce qu'ils ont autre chose à faire : c'est en effet un âge crucial pour l'insertion sociale et professionnelle, qui passe par des stratégies multiples : stages, jobs d'été, engagements associatifs, humanitaires et citoyens, recherche d'un épanouissement personnel. Entre envie de " changer le monde " et réalité sociale noire, le temps vacant, ce n'est pas forcément les vacances. (p. 20 à 42)



Drôles de vacances !

Entre les séjours consommation type Club Med et l'engagement dans des chantiers internationaux, les jeunes adultes ont de quoi trouver un séjour adapté à leurs désirs et à leur porte-monnaie. Mais ils sont un marché difficile à cerner pour les professionnels du tourisme, car partir pour eux n'a pas la m'me signification qu'à d'autres ‚ges de la vie.
Extrait (p. 26)

Selon la définition de l'Organisation mondiale du tourisme (Omt), il y a vacances lorsqu'on passe au moins quatre jours hors de chez soi pour des raisons d'agrément. Côté plaisir, toute la palette existe, du repos réparateur à la mission éducative ou humanitaire, de la formation au stage de découverte artistique, jusqu'au séjour de vacances au sens de la définition officielle. C'est peu dire qu'il existe toute une gamme de propositions à destination des 18-25 ans émanant tant des acteurs de l'éducation populaire que des entreprises à but lucratif.
Pour les professionnels du tourisme, ils sont néanmoins une " cible " difficile à cerner. " Les données sont très parcellaires à leur endroit, explique Corinne Lespinasse-Taraba de l'ODIT (Observation, développement et ingénierie touristique)-France. La tranche d'‚ge retenue par les différents organismes qui pourraient apporter des chiffres, comme la Sncf, est rarement 18-25 ans mais plutït 18-24 ans ou 18-26 ans ". Une chose est sûre : ils représentent à peu près 10% de la population française. " En termes de départ en vacances, ils couvrent donc une niche mais une niche qui représente tout de même 5% du tourisme en France, ce qui n'est pas négligeable ", poursuit Corinne Lespinasse-Taraba. D'autant que la durée moyenne de leur séjour est relativement longue, avec dix nuitées contre six en moyenne pour le reste de la population. L'étude menée par ODIT-France (voir p.23) tranche avec les habituelles enquêtes concernant le départ en vacances des 18-25 ans. Celles-ci, à l'instar du rapport du Conseil économique et social en 2001 (voir p.23), sont généralement effectuées suivant un angle social et proposent des pistes pour pallier les faibles moyens financiers de cette catégorie de la population et favoriser, malgré tout, leur départ. " Nous avons opté délibérément pour une approche marketing afin de montrer aux opérateurs touristiques et aux collectivités locales que les jeunes sont aussi un marché. M'me si les seniors sont plus solvables", note Corinne Lespinasse-Tabara. Et de regretter que très peu d'organismes proposent des séjours pour les jeunes " en solo ou en couple ".



Des vacances éducatives

Il est vrai que les " offres " de séjours pour les groupes structurés sont légion, notamment du cïté de l'éducation populaire. Certes, les auberges de jeunesse subissent une désaffection progressive. " Leur approche militante n'est peut-être plus en phase avec les jeunes ", note Corinne Lespinasse-Tabara qui constate également " un sous-investissement chronique de ses équipements alors que les jeunes ont envie de confort ". Reste que leur mission - répondre aux besoins de mobilité des jeunes dans un esprit de découverte et d'apprentissage de l'autonomie - est toujours d'actualité. La Fuaj (Fédération unie des auberges de jeunesse) partage d'ailleurs la volonté de s'adapter à l'évolution des attentes des jeunes (notamment en proposant des activités " clés en main " et des systèmes de " pass " qui permettent de voyager librement) avec un autre organisme d'hébergement, Ethic Etapes.
Ce réseau de centres internationaux de séjour, qui a l'agrément Jeunesse et Sports depuis 1981, vient de revoir son identité visuelle et son approche en s'engageant dans le "tourisme équitable" -  ce qui devrait interpeller les jeunes, largement sensibilisés aux grands enjeux planétaires. Un virage ? " Nous nous adaptons, reconnaît Caroline Mignon d'Ethic Etapes. Tout en conservant un prix inférieur à ceux des hôtels, nous proposons désormais des chambres plus petites, avec des lampes de chevet (l'éclairage collectif, c'est terminé !), et des lits déjà faits ". Finie également la fermeture des portes à 22h : les centres sont ouverts 24h sur 24h avec un veilleur de nuit pour répondre aux exigences de sécurité des groupes, notamment étrangers. Mais adaptation ne veut pas dire renoncements à ses exigences éducatives : Ethic Etapes continue à favoriser les espaces de rencontres et de convivialité et veille à la tenue de repas équilibrés et à la modération de la consommation d'alcool.



La frustration s'accroît

Entretien avec JoÎl Zaffran, sociologue de l'éducation et de la jeunesse, maître de conférences à l'université Bordeaux 2. 
Extrait (p. 29)

> Qui sont les 18-30 ans ?

Les travaux sociologiques sur la jeunesse, en particulier ceux d'Olivier Galland, insistent sur la désynchronisation des seuils d'entrée dans la vie adulte (quitter ses parents, trouver un emploi, s'installer en couple, etc.), ce qui remet en cause le seul critère d'âge pour définir la jeunesse. Selon les enquêtes, différentes tranches d'âge sont retenues : 18-25 ans, 18-28 ans, 18-30 ans. En fait, tout dépend de la question qui nous intéresse. Mieux vaut, à mon sens, définir la jeunesse en utilisant le critère d'âge a posteriori, en retournant les questions : à quel âge quitte-t-on le domicile familial ? Quand obtient-on son premier emploi ? Qui parvient le mieux à devenir adulte au sens sociologique du terme ? Etc.


> Quelles stratégies mettent-ils en place alors qu'ils sont à une étape cruciale de leur insertion sociale et professionnelle ?

Les seuils d'accès à l'âge adulte sont franchis plus ou moins rapidement. Certains jeunes vont par exemple adopter une stratégie d'investissement scolaire très poussée. Si la décohabitation est, dans ce cas-là, rapide puisqu'ils quittent leur famille pour rejoindre une ville universitaire, l'accès à un emploi va être retardé du fait de la longueur des études. A l'inverse, ceux qui optent pour une stratégie d'emploi à court terme, via les formations professionnelles et les Bts, vont dé-cohabiter plus tardivement. Mais leur départ de la cellule familiale correspondra à leur premier emploi, parfois lié à leur installation en couple. Bien entendu ces stratégies dépendent de multiples facteurs, notamment sociaux et liés au capital économique et culturel des parents. L'influence des facteurs socioéconomiques sur l'élaboration de ces différentes stratégies est très importante.


> A quoi aspirent les jeunes ?

La grande aspiration des jeunes, c'est de devenir adulte et de réussir dans la vie, autrement dit avoir un emploi, être autonome et libre de ses choix, fonder une famille, " se ranger ". Mais cette aspiration peut 'tre entravée par des contraintes économiques, sociales et géographiques qui multiplient et repoussent, chez certains, l'actualisation de ces seuils vers un avenir incertain. La jeunesse se fragmente. Comme on a pu le voir lors des émeutes urbaines de l'automne 2005, des fractures sociologiques et géographiques profondes se dessinent. Pour certains jeunes, la frustration entre le désir de devenir adulte et les barrières à ce projet s'accroît, dans un contexte de chïmage et d'inactivité très largement ressenti.


> Dans cet environnement socioéconomique morose, à quoi croient-ils ? Quelles sont leurs valeurs ?

Un sondage paru l'été dernier (1) montre que les jeunes ont un regard ouvert sur l'Europe et le monde en général. Ils ne sont pas plus individualistes, ni plus égoïstes que les générations précédentes. Ils croient en l'entraide, la solidarité. En revanche, comme le soulignent Olivier Galland et Bernard Roudet dans leur livre (2), ils attachent une grande importance à la liberté de choix. Ils ne rejettent pas, néanmoins, tout modèle. Ils restent m'me, paradoxalement, très attachés à l'ordre public et aux institutions régaliennes que sont l'Armée, la Justice et l'Ecole. Le respect de l'autorité n'est pas, toutefois, incompatible avec leur souhait de préserver leur individualité.

Par ailleurs, ils manifestent un rejet de l'attitude électoraliste (le vote) qui ne signifie pas qu'ils se désintéressent des grandes questions sociales et politiques. D'ailleurs ils sont très investis dans le secteur associatif, notamment comme bénévoles. 



(1)     Sondage Louis-Harris Les jeunes et l'Europe, paru dans Libération, 29/06/05
(2)     Les jeunes Européens et leurs valeurs, sous la direction d'Olivier Galland et de Bernard Roudet, La Découverte, Coll. " Recherches ", 2005





Animation

Ils reprennent confiance avec le  troisième âge

A Rouen, l'Ufcv redonne à des Rmistes le goût du travail par le biais de l'animation auprès des personnes âgées. Un bon rebond, même si tous ne deviendront pas animateurs.



Handicap

Side-cars en désert

Dix enfants et jeunes handicapés physiques et mentaux sont partis visiter la Tunisie en side-car avec l'association Les enfants d'abord. Récit. (p.12)



Insertion

Des chantiers contre la fracture numérique

L'association Réseau 2000 organise des chantiers d'insertion à destination de personnes éloignées de l'emploi autour des nouvelles technologies. (p.18)


Enquête

Obésité infantile : que peuvent les Cvl ?

Après les Etats-Unis, l'obésité est en train de devenir un problème de société en France. La question de la prévention se pose à tous. Et donc, aussi, aux centres de vacances et de loisirs. Si la réflexion sur ce thème s'amorce, tout reste à faire.
Extrait (p. 12)

Soyons clairs : ce ne sont pas une ou deux semaines passées en centre de vacances qui vont régler le problème de poids d'un enfant. D'autant plus que le Cvl n'est pas un lieu de soin mais de loisirs. Pas question, donc, de tomber dans le piège qui consisterait à faire porter au Cvl tout le poids d'un problème qui doit interpeller la société dans son entier. Ceci étant dit, il n'est pas non plus possible de se voiler la face : face à cette épidémie des pays riches, le Cvl ne peut rester sans rien faire. Peut-'tre m'me certaines vieilles habitudes héritées d'un passé où l'alimentation était moins riche et l'activité physique plus intense sont-elles à proscrire ? Peut-être y a-t-il des conduites de bon sens à appliquer ? M'me s'il ne faut pas, bien entendu, se laisser gagner par la psychose : "Certes, nous avons des enfants rondouillards. Mais, sur tous les accueils réalisés l'été dernier, seule une maman nous a demandé de faire attention à ce que mangeait son enfant qui souffrait d'un surpoids. En évitant, par exemple, qu'il ne se serve trois fois", constate Véronique Claude, directrice de la Maison d'Animation de Courcelles. Reste que l'augmentation rapide du nombre d'enfants touchés inquiète (voir encadré). Il y a donc urgence à questionner les pratiques alimentaires des Cvl.
Nombreux sont d'ailleurs les professionnels de l'enfance et de l'adolescence qui s'interrogent : "Ne les fait-on pas trop manger ?". "Que ce soit dans le cadre de l'accueil périscolaire ou du centre de loisirs, nous proposons aux enfants, dès leur arrivée à 7h30, un petit-déjeuner très complet. Certains l'ont déjà pris, mais nous sommes rarement au courant car les parents n'ont pas toujours le temps de nous informer. Et puis, de toute façon, nous n'interdisons jamais à un enfant de prendre quelque chose. Ensuite, à l'école maternelle, il y a la collation de la matinée avec le fameux verre de lait et un petit g‚teau. Puis vient le repas de midi. A 16h, nous récupérons les enfants pour le goûter sans savoir si l'enseignant ne les a pas déjà fait goûter pour fêter un anniversaire ou une occasion quelconque", raconte Annabelle Loizeau, responsable du secteur enfance à la mairie de Bois d'Arcy (78). Et de conclure : "Il y a des enfants qui mangent toute la journée". Le service enfance a eu beau réintroduire au goûter l'eau et les tartines (au lieu des sodas et des viennoiseries) et freiner la consommation de bonbons, "rien d'envergure n'a été fait", constate la responsable qui est la première à déplorer un budget alimentaire hors de proportion.
A quand une coordination de l'ensemble des partenaires de l'enfance, avec une réflexion sur la qualité du service à midi ? "A la cantine, les plus petits doivent manger seuls, dans l'urgence et le bruit, résume Annabelle Loizeau. Comment s'étonner ensuite qu'ils se rattrapent sur le goûter et donc le sucré ?". Pour éviter de couper l'appétit des plus gourmands, la Maison d'Animation de Courcelles retire les bonbons de la vente entre 11h et midi et à partir de 18h. En outre, la somme qui leur est allouée est limitée. Si la question de la collation matinale (en maternelle mais aussi en accueil périscolaire et en centres de loisirs) fait l'objet, depuis quelques années, de critiques répétées, aucune disposition officielle précise n'a été prise. Après avoir saisi l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), les pouvoirs publics ont néanmoins émis, dans une note du ministère de la Jeunesse, de l'Education et de la Recherche datée du 25 mars 2004, quelques recommandations à destination des écoles : "Aucun argument nutritionnel ne justifie la collation matinale de 10 heures qui aboutit à un déséquilibre de l'alimentation et à une modification des rythmes alimentaires des enfants. Cependant, compte tenu des conditions de vie des enfants, il peut être envisagé de proposer aux élèves une collation dès leur arrivée à l'école maternelle ou élémentaire et, dans tous les cas, au minimum deux heures avant le déjeuner". Autrement dit, et "afin de s'adapter à des situations spécifiques" (absence de petit-déjeuner notamment), chaque structure est conduite à faire avec ses propres convictions et interrogations. 



Les outils de l'animateur

Où s'informer ?

Animateurs, vous cherchez une information précise, mais vous ne savez o? la trouvez. Voici quelques pistes pour vous aider dans votre recherche. (p.52)



A votre service

Associations et agréments

Après avoir examiné dans un premier article (Anim'magazine sept.-octobre 2006) les conditions de délivrance de l'agrément des associations de jeunesse et d'éducation populaire, nous abordons ici les conditions de l'agrément "vacances adaptées organisées" et l'agrément "tourisme".(p.54)



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